L'Abbé PIERRE : une icône de courage et de générosité.
Il était venu le 24 mai 2004 à Cranves Salles en haute Savoie, au siège d'EMMAÜS d'ANNEMASSE pour poser la première pierre d'un collectif de 37 logements sociaux construits par la Communauté.
L'abbé PIERRE malgré ses 92 ans et une grande fatigue avait accepté de répondre à une dizaine de journalistes régionaux.
J'en étais, et comme mes collègues, je vécus ainsi 30 minutes parmi les plus émouvantes et intenses de ma carrière.La seule présence de l'Abbé nous auréolait, mais quand il répondait à nos questions ,c'était le bonheur qui nous envahissait.
Malgré quelques difficultés de prononciation, sa lucidité et sa spontanéité étaient étonnantes.L'humour n'était pas à la traîne et sa vivacité d'esprit nous enthousiasmait.
Le hangar dans lequel on avait improvisé une salle de presse résonnait des réparties joyeuses de l'ABBE.
De toutes les interviews que j'ai réalisées, je classerai à coup sûr, les réponses de l'ABBE PIERRE parmi les meilleures et les plus spontanées, sans nul doute parmi les plus honnêtes ! Nous étions à Cranves Sales le jour où le Premier Ministre avait lancé la « journée de la fraternité » ( seul fait du hasard, mais opportunité singulière dans la situation), et je lui avais demandé ce qu'il pensait de ce hasard et surtout de l'effet d'annonce recherché, lui qui depuis 50 ans jouait la solidarité fraternelle
Très spontanément, il avait répondu avec un zeste d'ironie dans le ton : «... quand un ministre pense comme nous il faut laisser faire ! »Un grand éclat de rire avait fusé dans la salle... mais au-delà de l'humour il y avait une intelligence avisée dans cette réponse.
Toute sa vie fut d'ailleurs un modèle de courage et de générosité, mais aussi de persévérance,
Il n'hésita pas d'ailleurs à nous parler «de son culot à apostropher les gens aux responsabilités...! »Ce député de la république qui utilisait ses appointements pour acheter des terrains et construire pour les pauvres (il n'a hélas pas fait école dans ce domaine...)n'aura jamais baissé les bras.
Il nous rappela cette anecdote avec le ministre de la reconstruction à l'époque Claude Petit, qui lui faisait remarquer qu 'il construisait dans l'illégalité , il répondit alors :
«peu importe, grâce à l'illégalité , je vais les faire rentrer dans la légalité !) pour lui : « Un permis de vivre valait bien un permis de construire... »Son appel de 1954 à Radio Luxembourg et le formidable élan de solidarité qui suivit, resteront dans l'histoire! « Symbole rappel » ou « pied de nez, » L'Abbé est parti durant les premiers grands froids d'un hiver qui n'en finissait pas de commencer... et au moment où les sans logis manifestaient sur les bords du canal Saint Martin, obtenant la promesse d'une loi sur la légalité du logement pour tous.
Un droit que l'Abbé Pierre réclamait depuis 1949 !
L'hommage National qui vient de lui être rendu par les milieux de tous bords font de l'Abbé Pierre une personnalité historique !
Du haut de son paradis doit-il encore se dire : « Puisque les hommes politiques pensent comme nous laissons les faire ! » et sans doute le saint homme peut-il y apporter sa bénédiction... afin que la promesse du droit au logement se poursuive au-delà de sa triste disparition et de cette enflammée période électorale !Souhaitons que cet engagement ne soit pas qu'un feu de paille!
Le réchauffement de la planète est en cours, l'Abbé Pierre était là aussi, en matière d'écologie, un précurseur puisque depuis 50 ans, avec ses compagnons, il récupérait plutôt que de jeter... ce afin de pouvoir nourrir les pauvres et aussi, en réduisant la pollution,ne pas faire mourir les riches !
L'Abbé est parti dans le froid de l'hiver, mais il restera dans le coeur de millions de citoyens un rayon de soleil au quotidien, et une bouffée de chaleur pour l'éternité.
Merci l'Abbé !
L'abbé PIERRE malgré ses 92 ans et une grande fatigue avait accepté de répondre à une dizaine de journalistes régionaux.
J'en étais, et comme mes collègues, je vécus ainsi 30 minutes parmi les plus émouvantes et intenses de ma carrière.La seule présence de l'Abbé nous auréolait, mais quand il répondait à nos questions ,c'était le bonheur qui nous envahissait.
Malgré quelques difficultés de prononciation, sa lucidité et sa spontanéité étaient étonnantes.L'humour n'était pas à la traîne et sa vivacité d'esprit nous enthousiasmait.
Le hangar dans lequel on avait improvisé une salle de presse résonnait des réparties joyeuses de l'ABBE.
De toutes les interviews que j'ai réalisées, je classerai à coup sûr, les réponses de l'ABBE PIERRE parmi les meilleures et les plus spontanées, sans nul doute parmi les plus honnêtes ! Nous étions à Cranves Sales le jour où le Premier Ministre avait lancé la « journée de la fraternité » ( seul fait du hasard, mais opportunité singulière dans la situation), et je lui avais demandé ce qu'il pensait de ce hasard et surtout de l'effet d'annonce recherché, lui qui depuis 50 ans jouait la solidarité fraternelle
Très spontanément, il avait répondu avec un zeste d'ironie dans le ton : «... quand un ministre pense comme nous il faut laisser faire ! »Un grand éclat de rire avait fusé dans la salle... mais au-delà de l'humour il y avait une intelligence avisée dans cette réponse.
Toute sa vie fut d'ailleurs un modèle de courage et de générosité, mais aussi de persévérance,
Il n'hésita pas d'ailleurs à nous parler «de son culot à apostropher les gens aux responsabilités...! »Ce député de la république qui utilisait ses appointements pour acheter des terrains et construire pour les pauvres (il n'a hélas pas fait école dans ce domaine...)n'aura jamais baissé les bras.
Il nous rappela cette anecdote avec le ministre de la reconstruction à l'époque Claude Petit, qui lui faisait remarquer qu 'il construisait dans l'illégalité , il répondit alors :
«peu importe, grâce à l'illégalité , je vais les faire rentrer dans la légalité !) pour lui : « Un permis de vivre valait bien un permis de construire... »Son appel de 1954 à Radio Luxembourg et le formidable élan de solidarité qui suivit, resteront dans l'histoire! « Symbole rappel » ou « pied de nez, » L'Abbé est parti durant les premiers grands froids d'un hiver qui n'en finissait pas de commencer... et au moment où les sans logis manifestaient sur les bords du canal Saint Martin, obtenant la promesse d'une loi sur la légalité du logement pour tous.
Un droit que l'Abbé Pierre réclamait depuis 1949 !
L'hommage National qui vient de lui être rendu par les milieux de tous bords font de l'Abbé Pierre une personnalité historique !
Du haut de son paradis doit-il encore se dire : « Puisque les hommes politiques pensent comme nous laissons les faire ! » et sans doute le saint homme peut-il y apporter sa bénédiction... afin que la promesse du droit au logement se poursuive au-delà de sa triste disparition et de cette enflammée période électorale !Souhaitons que cet engagement ne soit pas qu'un feu de paille!
Le réchauffement de la planète est en cours, l'Abbé Pierre était là aussi, en matière d'écologie, un précurseur puisque depuis 50 ans, avec ses compagnons, il récupérait plutôt que de jeter... ce afin de pouvoir nourrir les pauvres et aussi, en réduisant la pollution,ne pas faire mourir les riches !
L'Abbé est parti dans le froid de l'hiver, mais il restera dans le coeur de millions de citoyens un rayon de soleil au quotidien, et une bouffée de chaleur pour l'éternité.
Merci l'Abbé !
