lundi, février 13, 2006

Juge Burgaud: la fonction fait elle l'homme?

La fonction fait l'homme et l'homme sans la fonction est bien désarmé ?
Il devient un « gamin » accablé par les questions, bredouillant pour y répondre ? Hésitant, cherchant ses mots, oubliant des séquences de l'affaire.
Fabrice BURGAUD s'est révélé moins efficace au jeu des questions posées qu'à celui des questions qu'il posait ! Plusieurs acquittés présents l'ont dit , ça n'était plus le même homme. La rigidité du juge s'était transformée, il avait perdu de sa superbe, de son assurance et de la garantie que lui donnait le pouvoir de sa fonction.
Un « gamin juge » pommé, dépassé par les évènements, mais toujours persuadé qu'il n'avait fait qu'appliquer la loi !
Même si par solidarité pour leur collègue certains magistrats considèrent que cette confrontation était une véritable descente dans la « fosse aux loups, » qu'ils n'oublient pas, (tout de même...) la fosse dans laquelle sont descendus les acquittés, une « fausse » totale !
Le juge Burgaud a tenté d'expliquer, sans convaincre, qu'il n'avait fait qu'utiliser la technique, comme on la lui avait apprise à l'école et comme il pensait devoir l'appliquer, innovant même dans les interrogatoires en confrontation, sûr de lui à l'époque, avouant tout de même « qu'aujourd'hui, il aurait sans doute fait autrement ? » Incompétent ? orgueilleux, agaçant, peut être caractériel ... mais victime sans aucun doute du système de l'institution et de la fuite en avant de ses pairs.
Ne déclara t-il pas :« personne ne m'avait dit que je faisais fausse route '». Il ne peut être tenu pour seul responsable et surtout ne doit pas devenir le bouc émissaire de cette sale affaire d'OUTREAU. Mais très vite le pays et ses responsables doivent en tirer les conclusions , analyser les conséquences et changer le système.
Le juge BURGAUD a fait figure d'un gamin perdu, pas seulement aux vues des innocentés , mais aussi aux yeux du pays et de ceux qui ont suivi le débat. Combien y a-t-il encore de « juges gamins » et immatures qui se voient confier des dossiers difficiles et devant lesquels ces représentants de nos libertés républicaines seront désarmés, ecrasés par la loudeur de le tâche. Facile pour les anciens mais dangereux. A force de croire que le jeunisme peut sauver la situation et de faire passer l'expérience pour synonyme de ringardise, on oublie un peu trop que le diplôme n'est pas la seule garantie de qualification et de compétence. C'est évidemment tellement simple : un papier, une fonction et vogue la galère de la république et de sa justice!!!
L'affaire du « gamin juge BURGAUD » en est le plus bel exemple, et c'est de cet exemple dont il faut se servir pour la suite en lui accordant peut-être, certaines circonstances atténuantes.
Tout cela débouchera-t il sur une modification de la procédure pénale ?
Ou la justice restera t-elle orpheline de ce grand débat et de ses suites ?
Qu'on fait les organismes de contrôle des juridictions supérieures ?
Changer le statut des Juges ou supprimer leur solitude ?
La raison politique a tout pour s'exprimer .
Le fera-t'elle ? Tout cela dépendra des pressions subies et du courage du législateur.
Si le juge est sanctionné, la logique voudrait que la hiérarchie le soit aussi !
La responsabilité partagée existe-t-elle dans le monde de la juridiction ?
Ce flop judiciaire aura-t-il au moins l'utilité de corriger le système ?
A voir? Mais ne nous faisons pas d'illusions, il y a 20 ans et plus que certaines compétences : avocats, magistrats, politiques de tout bord le préconisent.
Hélas, on a toujours tort d'avoir raison trop tôt !